Une relation entre instabilité posturale et dyslexie de développement

Une relation entre instabilité posturale et dyslexie de développement : le test clinique de stabilité pelvienne en unipodal

Introduction : la dyslexie de développement toucherait environ 5 à 17 % des écoliers. De nombreuses études montrent que ces enfants présentent également des troubles de la stabilité posturale. Cette relation peut s’expliquer par une théorie liée à une perturbation cérébelleuse. Il nous a semblé intéressant de développer un test clinique simple et rapide, le test de stabilité pelvienne en unipodal (TSPU) et de rechercher s’il pourrait être un marqueur de la dyslexie.
Méthodes : un groupe d’enfants dyslexiques (n = 95) recruté dans un centre spécialisé est comparé avec un groupe d’enfants (n = 66) sans trouble de la lecture de même âge évalué en milieu scolaire. L’objectivation de la stabilité des ceintures pelviennes et scapulaires est effectuée dans les deux groupes. La comparaison des groupes est réalisée par un test non paramétrique (ChiÇ).
Résultats : le test de stabilité pelvienne en unipodal qui a démontré sa reproductibilité est trouvé positif chez 81 % des enfants dyslexiques et chez 44 % des normolecteurs. Il existe une différence significative entre les deux groupes.
Conclusion : les résultats obtenus en utilisant le TSPU chez les enfants dyslexiques semblent cohérents avec les autres recherches précédentes tant stabilométriques que cliniques. Certains critères d’évaluation sont précisés, comme le temps du test. Une proposition de classification en quatre grades permet d’évaluer l’importance des dysfonctions de la stabilisation posturale.

Philippe Villeneuve – Podologue, Ostéopathe DO, Sarah Recoules – Podologue, Anne-Charlotte Declercq – Neuropsychologue clinicienne, Marie-Emmanuelle Rouchon – Podologue, Bernard Weber – Médecin
La revue de l’ostéopathie – Mars 2017  – p 11 à 20